maison-de-retraite-en-briquesRentrer en maison de retraite… une perspective qui peut correspondre à un souhait de la personne âgée, mais qui, beaucoup plus souvent, répond à une nécessité commandée par l’évolution de son état.

Choix ou obligation ?

L’entrée en institution peut s’envisager sans qu’il y ait une nécessité absolue, par exemple lorsque la personne âgée se sent trop isolée, quand elle se met à avoir des craintes pour sa sécurité, ou lorsqu’elle veut profiter plus facilement de services de soin et de confort. C’est la configuration idéale : la personne âgée a pris conscience d’une situation d’impasse dans laquelle elle se trouve, elle ressent un mal-être lié à son maintien à domicile. La décision – qui est d’abord la sienne – peut être prise en douceur, la personne s’y étant préparée. La mise en œuvre a le temps de se faire sans la bousculer dans ses habitudes et sans la surprendre.

Mais, bien souvent, l’entrée en EHPAD est provoquée par un événement déclencheur, plus ou moins brutal (par exemple, le décès du conjoint, ou une chute qui compromet l’autonomie), ou par une accumulation plus ou moins rapide de signes inquiétants qui amènent à faire un constat : à ce stade, le maintien à domicile équivaut à une prise de risque majeure pour la personne âgée.

Ce constat met en jeu 3 aspects principaux, dans des proportions diverses :

  • L’état de la personne se dégrade fortement : elle perd son autonomie physique ou mentale. Il y a risque de chute, désorientation, dénutrition. La personne appelle la nuit, donne des signes de confusion. Le recours à des professionnels devient de plus en plus lourd. Une présence permanente s’avère indispensable.
  • Son environnement ne correspond plus à ses besoins : isolement, habitat inadapté, manque de services à domicile. La vie quotidienne présente trop de difficultés, y compris dans ses aspects les plus simples.
  • L’aidant a atteint ses limites : la charge est trop lourde, trop accaparante, trop fatigante, demande des compétences qu’il n’a pas. Il est épuisé, « à bout » d’énergie, de patience, … et la relation affective commence à s’en ressentir.

Tout se passe comme si des clignotants rouges s’allumaient ensemble sur un tableau de bord : la situation est critique et nécessite des changements radicaux. Toutes les solutions permettant un maintien à domicile sont devenues insuffisantes, inopérantes, voire risquées.

Eviter une situation de crise

Sauf situation d’urgence qui impose une décision précipitée, l’idéal est d’anticiper autant que possible en étant attentif aux signaux d’alarme à mesure qu’ils se manifestent. Pour cela, il est bon de faire une évaluation régulière de l’état de santé de la personne âgée et de l’adaptation de son environnement et de son habitat, en ayant recours à l’aide de professionnels (CLIC, médecin traitant, assistante sociale, auxiliaires de vie, infirmier, …).

Plus cette anticipation a lieu, plus il est possible d’y préparer la personne concernée. En parler avec elle, aborder le sujet clairement mais sans dramatisation, pour qu’elle puisse s’approprier une décision inéluctable. Lui demander quels sont ses souhaits, ses préférences, lui proposer de visiter des établissements, voire de faire un séjour d’intégration près de chez soi. En mettant en avant les côtés positifs (sécurité, confort, rencontres, animations), la décision pourra ne pas être perçue comme une sanction, un abandon, un rejet, mais comme la meilleure solution pour bien vieillir.

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